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Institut de Biologie StructuraleGrenoble / France

Sigrid Milles, lauréate d’une prestigieuse bourse européenne « ERC Starting Grants » 2018

Le Conseil européen de la recherche (European Research Council , ERC) vient de décerner une bourse "Starting Grant" à Sigrid Milles, membre du groupe ‘flexibilité et dynamique des protéines’ de l’IBS, pour l’étude - par spectroscopie de fluorescence à molécule unique et résonance magnétique nucléaire - des protéines intrinsèquement désordonnées impliquées dans l’endocytose.

Sigrid Milles est chercheuse CNRS à l’Institut de Biologie Structurale de Grenoble. Son projet intitulé ‘MultiMotif’ a été sélectionné pour un financement ERC Starting Grant sur les cinq ans qui viennent. L’excellence scientifique au niveau européen est l’un des principaux critères de sélection de ces bourses qui récompensent des projets novateurs de chercheurs au parcours scientifique très prometteur, ayant obtenu leur doctorat 2 à 7 ans auparavant et désireux de créer ou de consolider une équipe de recherche.

Après une thèse en spectroscopie de fluorescence à molécule unique au Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) à Heidelberg, Allemagne (2013), Sigrid Milles a rejoint le groupe de Martin Blackledge à l’IBS pour un post-doctorat en résonance magnétique nucléaire (RMN). Pendant sa thèse et son post-doctorat, Sigrid a étudié des protéines intrinsèquement désordonnées, c’est-à-dire des protéines sans structure tridimensionnelle stable. Elle s’est d’abord intéressé aux protéines désordonnées dans le pore nucléaire, qui connecte le cytoplasme et le nucléoplasme et ses travaux ont permis de comprendre comment le transport à travers le pore peut être rapide (millisecondes) et spécifique à la fois (publié dans Cell, 2015). Plus récemment, Sigrid a travaillé sur des protéines intrinsèquement désordonnées du virus de la rougeole et elle vient de découvrir un nouveau site d’interaction entre deux protéines du virus (publié dans Science Advances, 2018), qui permet de présenter une nouvelle cible pour un traitement de l’infection. Recrutée au CNRS comme chargée de recherche en 2017, elle vise maintenant de combiner la fluorescence et la RMN pour étudier des protéines intrinsèquement désordonnées de l’endocytose – le chemin principal de transport vers l’intérieur de la cellule.

En quoi consiste le projet récompensé ?
L’endocytose est responsable de l’entrée des molécules dans la cellule eucaryote, comme par exemple des éléments nutritifs, des molécules de signalisation avec leurs récepteurs, ou même des pathogènes. Ce mécanisme est donc très important pour la cellule et repose sur la protéine clathrine (endocytose clathrine-dépendante) qui forme la membrane pour finalement permettre d’internaliser de petites vésicules. Beaucoup d’autres protéines sont nécessaires pour ce processus fortement régulé, dont des protéines qui contiennent des longues régions intrinsèquement désordonnées. Ces régions contiennent beaucoup de courtes séquences de quelques acides aminés seulement, séquences appelées motifs linéaires, qui interagissent avec différents partenaires dans l’endocytose. Bien que ces interactions soient très importantes dans l’endocytose, elles ne sont pas très bien comprises faute de connaitre leur dynamique et flexibilité.
Le projet financé par l’ERC vise à développer une approche intégrée, combinant la fluorescence à molécule unique et la RMN, afin d’étudier ces protéines intrinsèquement désordonnées et de comprendre de façon moléculaire, comment les différents motifs linéaires contrôlent le processus d’endocytose. Comprendre le mécanisme de ces motifs est important pour beaucoup d’autres processus qui, eux aussi, reposent sur ce type d’interactions énigmatiques.

Mots clés : fluorescence à molécule unique, résonance magnétique nucléaire, protéine intrinsèquement désordonnées, endocytose

Montant de la bourse : 1,599 M€