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Inhibition de l’infection VIH dans des échantillons de tissus utérins humains

Il y a plus d’un an et demi, notre équipe a contribué, dans le cadre d’un travail collaboratif européen, à une première étude montrant que des molécules anti-DC-SIGN (des dendrons de glycomimics produits au sein de notre réseau), étaient capables de bloquer, sur des cellules, la trans-infection, dépendante de DC-SIGN, du virus HIV vers les lymphocytes T.
Dans la droite ligne de ce travail, un nouveau cap vient d’être franchi avec ce travail que nous venons de publier dans AIDS. En effet, au delà de la transfection c’est maintenant l’inhibition directe à l’infection au VIH dont nous venons de démontrer la pertinence au travers de notre approche et, cette fois, non plus uniquement sur des préparations cellulaires mais également directement sur des échantillons de tissus utérins humains ("cervical explant").
Au delà des résultats prometteurs de cette stratégie anti-infectieuse, nous montrons aussi que nos inhibiteurs, via leur interaction avec DC-SIGN, contribuent à l’augmentation de la production des chimiokines MIP1-a, MIP1-b et Rantes, ligand de CCR5. Ils sont donc capables de contribuer à une signalisation intracellulaire. Cet effet s’ajoute probablement à l’effet biologique, ces chimiokines étant les ligands naturels du récepteur CCR5 qu’utilise le virus pour infecter les cellules cibles. Ainsi, les chimiokines nouvellement produites pourraient contribuer au blocage de ces récepteurs et donc à l’infection observée.
Cette étude confirme la pertinence de notre approche dans la recherche de nouvelles molécules pouvant être utilisées dans le cadre d’une stratégie de prévention basée sur le concept de microbicides. Nous montrons dans ce travail une spécificité d’inhibition à l’égard du récepteur DC-SIGN (détourné par le VIH) sans inhiber l’action de la langerine, un récepteur analogue mais qui contribue lui à l’élimination du virus.
Notre consortium poursuit ses efforts dans l’amélioration de ces molécules. Une prochaine génération d’entre elles avec une affinité d’ores et déjà améliorée est en train d’émerger dans nos laboratoires...

A glycomimetic compound inhibits DC-SIGN-mediated HIV infection in cellular and cervical explant models. Berzi A, Reina JJ, Ottria R, Sutkeviciute I, Antonazzo P, Sanchez-Navarro M, Chabrol E, Biasin M, Trabattoni D, Cetin I, Rojo J, Fieschi F, Bernardi A, Clerici M. AIDS. 2012 Jan 14 ;26(2):127-137.